Blitzkrieg

Publié le par Pim

Trois enfants, donc, c'est-à-dire un peu moins que de guerriers dissimulés dans le Cheval de Troie, soumis aux pressions du spectacle jusqu'à en devenir enfants-soldats d'une bien étrange guerre, attendent, cigarettes au bec, que leur image, servant d'édification aux jeunes générations tentées par le diable, leur revienne en menue reconnaissance.

Comme c'est émouvant !

Et l'on se pose alors, très innocemment, la question : qu'est-ce qui, dans ce message à multiple détente, est le plus "désirable", à supposer, bien évidemment, que le désir soit ici au cœur de l'émotion ? La pipe, le tabac, cette main sur la toison, sa pression exercée, cet enfant de chœur, son acte de contrition ou le pantalon à peine deviné, dont on ne sait vraiment rien  : quelle est sa coupe, est-il d'un tissu de belle matière, y-a-t-il dans ses poches d'autres choses que des cigarettes, ... ?
Toutes questions dont les solutions nous renseigneraient sur ce personnage un peu "décalé", et comme mis dans l'ombre - comme si du dealer honteux n'existait que la seule marchandise, ici placée au centre de l'image - quand il est pourtant essentiel au "drame" ainsi révélé.
Nous voici donc devant le mécanisme même de l'émotion ici suscitée, celle-là même que provoque chez les enfants, précisément, leur passion du jeu, en l'occurrence ce jeu où leur curiosité doit s'exercer à  dénicher l'intrus. Les adultes, quant à eux - enfin, prétendus tels - ont depuis prouvé, en s'adonnant au travail, qu'ils avaient renoncé à jouer.

Sans même évoquer sur ce blog tout de retenue revêtu, les cris d'orfraie (l'orthographe n'est pas bien certaine ...) des Ligues de protection diverses - de l'otarie, des éjaculateurs précoces, dont on peut supposer qu'une publicité si brûlante pourrait affecter la qualité, voire la densité de leurs spermatozoïdes au m3, ... -, on s'étonnera sans doute de ce revirement à 180° du pourvoyeur (dealer in french). Durant de longues décennies, l'État français fit ses beaux jours de la vente du tabac. L'une de ses premières ressources, semble-t-il, sans parler, évidemment de l'histoire même de sa culture, toute de douce fumée tissée.

Sans doute le tabac abat-il ici ses dernières cartes, celles où il lui faut user de cette forme de publicité "négative", dont le succès avait été mis en évidence par les propagandistes de la fureur nazillarde, ceux-là mêmes qui avaient "inventé", non le fil à couper le beurre, mais les V2 et l'affiche à l'envers, mieux réceptionnée par un public davantage attentif à son message - comme les V2, mais sous une autre forme.
En l'occurrence ce n'est pas l'affiche qui se trouve lue à l'envers, mais le procédé s'en inspire : comme chacun a pu le vérifier dans sa vie même - en devant user force subterfuges pour en étouffer l'attrait -, rien de plus attirant que d'enfreindre les interdits.

Quant à disséquer la situation ici évoquée, et dont les bonnes âmes ne manquent pas de faire leur dada  - comme dans à dada ...? Musique, Maëstro ! -, au-delà de la "soumission", dont on laisse ici supposer qu'elle serait, en soi, répulsive - ce qui est assez plaisant, si l'on considère que c'est là le sort, précisément, de milliards d'êtres humains -, se pose alors la question de la dépendance.
En toile de fond, elle est ici la cible visée - du moins le suppose t-on - quand la soumission répulsive ne serait que le moyen, l'arc bandé pour la toucher en son cœur.

histphoto2BFaites de la soumission le cœur même de l'image évocatrice d'une liberté défendue et vous mettrez à bas la dépendance !
On déchiffrera donc ... à l'envers ces ressorts de la propagande moderne, dont on doit savoir gré à cette campagne aux formes de blitzkrieg, de nous avoir ainsi édifiés de ses chars pour pas un clope.

Évidemment, on se posera aussi bien la question de qui gagne véritablement à cela ?
La mise sous influence, travestie des oripeaux de la soi-disant morale, sous le boisseau de laquelle il faudrait voir à faire retourner nos étourneaux étourdis de tant de fumée ?
À ce jeu de miroirs, où chaque symbole sert de cheval de Troie à l'autre, nos embrouilleurs compte bien y retrouver leurs petits, eux qui n'ont de cesse que de polluer de leurs émanations toxiques tout ce dont ils se servent. Leur venin se distille ici à l'envi, promotionnant - c'est là leur seule raison de vivre à ces pauvres hères - leur culte de la séparation en une haine de la vie partout répandue sur tout geste dont ils n'auraient pas le contrôle pour y assouvir leur passion de mort.
Claudia-n-apprecie-guere-le-docteur-Fez

En forme de compensation, si l'on peut dire, comme les caisses du même nom, d'autres sources de revenus vont bientôt surgir, comme par magie, de nos subtils claviers : les jeux de hasard qui seront autorisés d'ici peu sur le frenchy Net - Las Vegas sans sortir de son fauteuil pour grabataires avant l'âge - vont donner des ailes à cette fameuse dépendance, stigmatisée ici quand elle est encouragée là.
Voilà qui coûtera moins cher en frais induits de soins divers contre le cancer du pharynx, du poumon, du foie, de l'œsophage, ... quand ceux-ci vont exploser du fait d'une alimentation chimique - de plus en plus cancérigène de manière avérée -
Manara, Le Déclic
et d'une pollution mortifère, tout en rapportant davantage à qui en tient les rênes, ou la laisse, au choix. L'est pas beau le Progrès ?

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Publié dans De la Représentation

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