E pericoloso sporgersi
E pericoloso sporgersi, pouvait-on lire, il n’y a pas si longtemps, sur une plaque en cuivre apposée juste sous les fénêtres des trains.
Prendre la décision de mettre la tête à la fenêtre était encore à notre portée, avant que la pressante sollicitude de technocrates n'eût décidé, pour nous, qu'une telle liberté pouvait nuire à notre santé ou, plus vraisemblablement, à celle des coûts, la vitesse de déplacement devenant l'exigence, le préalable indiscutable de la circulation des marchandises, prévalant sur toute décision humaine, et interdisant tout retour en arrière.
Ainsi sont opérés les choix technologiques aujourd’hui, afin de nous "protéger" toujours davantage, de nous-mêmes surtout, de nos décisions irrationnelles, incompatibles avec les circulations programmées.
Nous séparer toujours davantage de nous-mêmes, tel est le sens d'un "Progrès" tel qu'il se dessine désormais chaque jour sous la figure des mille et une innovations censées améliorer notre confort, dissiper toute souffrance ou anxiété, en un mot nous vendre notre bonheur sous la forme de quelque avatar anesthésié, en remplacement, enfin, de notre notre vie sensible, de passions et d'erreurs. Tout un programme pour accéder au ciel !... Amen !
Une liberté de trop à sacrifier ? Non pas ! puisque, en l'occurrence, ce sacrifice se présenta sous le visage avenant de l’indicible bonheur qu’il y a d'abréger la “contrainte” du voyage, jusqu’à en supprimer l’idée même.
Ne plus même quitter “son chez soi”, en compagnie de son fidèle et inséparable téléviseur, voilà le comble de la vraie vie.
C'est dans cette désormais unique fenêtre sur le monde que défilait, l'autre soir, l'épopée de ce monstre des airs qui vole quasiment sans pilote, celui-ci ayant été reconverti en un pilote d'ordinateurs, les seuls réels pilotes à présent.
Pour la plus grande sécurité de ses passagers, on se sera débarrassé, en effet, de la décision humaine, de ses scories et erreurs inévitables, remettant en la machine le soin de notre vie.
L’humain n’a désormais plus rien à dire, devant se contenter de rêver.
"Ne pensez plus, n’agissez plus, On s’occupe de tout pour vous", qui avez les moyens de vous payer ce coma prolongé en technicolor.
Et c’est bien évidement toujours au nom de cette même sécurité que l’on torture ceux qui prétendraient la menacer, à titre “préventif”.
Top du luxe, la machine, qui s’occupe de tout à notre place et prend les bonnes décisions dans notre "intérêt " bien compris et programmé, aura confié ces viles besognes de sécurisation de notre sommeil à quelque spécialiste de la chose, afin que, tout à fait rassurés, nous puissions confortablement songer à notre indiscutable bonheur en contemplant le monde, ses terrifiantes turbulences et turpitudes, à travers nos écrans de protection garantie.
Et surtout, QU'IL NE SE PASSE RIEN.
Prendre la décision de mettre la tête à la fenêtre était encore à notre portée, avant que la pressante sollicitude de technocrates n'eût décidé, pour nous, qu'une telle liberté pouvait nuire à notre santé ou, plus vraisemblablement, à celle des coûts, la vitesse de déplacement devenant l'exigence, le préalable indiscutable de la circulation des marchandises, prévalant sur toute décision humaine, et interdisant tout retour en arrière.
Ainsi sont opérés les choix technologiques aujourd’hui, afin de nous "protéger" toujours davantage, de nous-mêmes surtout, de nos décisions irrationnelles, incompatibles avec les circulations programmées.
Nous séparer toujours davantage de nous-mêmes, tel est le sens d'un "Progrès" tel qu'il se dessine désormais chaque jour sous la figure des mille et une innovations censées améliorer notre confort, dissiper toute souffrance ou anxiété, en un mot nous vendre notre bonheur sous la forme de quelque avatar anesthésié, en remplacement, enfin, de notre notre vie sensible, de passions et d'erreurs. Tout un programme pour accéder au ciel !... Amen !
Une liberté de trop à sacrifier ? Non pas ! puisque, en l'occurrence, ce sacrifice se présenta sous le visage avenant de l’indicible bonheur qu’il y a d'abréger la “contrainte” du voyage, jusqu’à en supprimer l’idée même.
Ne plus même quitter “son chez soi”, en compagnie de son fidèle et inséparable téléviseur, voilà le comble de la vraie vie.
C'est dans cette désormais unique fenêtre sur le monde que défilait, l'autre soir, l'épopée de ce monstre des airs qui vole quasiment sans pilote, celui-ci ayant été reconverti en un pilote d'ordinateurs, les seuls réels pilotes à présent.
Pour la plus grande sécurité de ses passagers, on se sera débarrassé, en effet, de la décision humaine, de ses scories et erreurs inévitables, remettant en la machine le soin de notre vie.
L’humain n’a désormais plus rien à dire, devant se contenter de rêver.
"Ne pensez plus, n’agissez plus, On s’occupe de tout pour vous", qui avez les moyens de vous payer ce coma prolongé en technicolor.
Et c’est bien évidement toujours au nom de cette même sécurité que l’on torture ceux qui prétendraient la menacer, à titre “préventif”.
Top du luxe, la machine, qui s’occupe de tout à notre place et prend les bonnes décisions dans notre "intérêt " bien compris et programmé, aura confié ces viles besognes de sécurisation de notre sommeil à quelque spécialiste de la chose, afin que, tout à fait rassurés, nous puissions confortablement songer à notre indiscutable bonheur en contemplant le monde, ses terrifiantes turbulences et turpitudes, à travers nos écrans de protection garantie.
Et surtout, QU'IL NE SE PASSE RIEN.
Publicité