De la République des hussards
Mercredi, Rachida Dati et Xavier Darcos annonçaient à la Sorbonne que tous les établissements secondaires seraient bientôt soumis à un unique "code de la paix scolaire national", qui unifiera "les règles et les sanctions".
(...) un dispositif déjà testé depuis un an par l'académie de Paris sera étendu par circulaire au niveau national avant la fin du mois (...).
Ce dispositif vise une plus étroite coopération entre les établissements du secondaire et la justice. A Paris, où il est déjà en vigueur depuis l'an dernier, le parquet a ainsi reçu 1233 signalements entre février et novembre 2007, précise le rectorat, qui se félicite de cette avancée. Parmi eux, 125 ont donné lieu à une fiche, qui sera conservée par le rectorat, la police et le parquet.
(...) Francis Lec, bâtonnier d'Amiens et auteur d'un ouvrage sur la violence à l'école, applaudit l'initiative. Socialiste, conseiller régional et conseiller général d'Amiens, il approuve le choix de Rachida Dati de "prendre enfin une position ferme". Il n'estime pas excessif qu'on renvoie un élève de 6e devant le juge ou la police pour avoir insulté son enseignant:
"Rachida Dati l'a dit fort justement: même en cas d'insultes, un professeur ne doit pas hésiter à porter plainte, et à y aller avec son avocat. Il faut une vraie réponse judiciaire aux incivilités et surtout pas un classement sans suite. Pour les insultes graves, je suis partisan d'une réponse pénale et pas seulement d'un rappel à la loi ou d'une médiation. Les enseignants vous diront tous qu'ils n'attendaient que ça!"
Par Chloé Leprince : Les élèves chez le juge? (Rue89)
Aux Etats-Unis, afin de permettre une non-surcharge des prisons, certains juges en viennent à préferer à celles-ci l'humiliation publique, une méthode tout à fait avant-gardiste :
Pour "avoir cédé aux charmes d'une prostituée", elle-même agent de police, déguisée en aguicheuse pour piéger les clients, un tel doit se produire dans la rue ... déguisé en poule porteuse d'un panneau explicatif du corps du délit. Tel autre devra se promener avec l'écriteau "I'm à thief !" ("je suis un voleur !").
On appréciera le rapprochement avec l'école, qui sut produire des génies en les faisant se promener dans la cour d'école équipés, pour l'édification de leurs copains, d'un panneau explicatif de leur très grande faute.
La morale, dans nos contrées civilisées en lutte contre la barbarie, avance au pas d'un cheval au galop ... vers le Moyen-âge européen, où le pilori connut ses heures de gloire ...
Pour "avoir cédé aux charmes d'une prostituée", elle-même agent de police, déguisée en aguicheuse pour piéger les clients, un tel doit se produire dans la rue ... déguisé en poule porteuse d'un panneau explicatif du corps du délit. Tel autre devra se promener avec l'écriteau "I'm à thief !" ("je suis un voleur !").
On appréciera le rapprochement avec l'école, qui sut produire des génies en les faisant se promener dans la cour d'école équipés, pour l'édification de leurs copains, d'un panneau explicatif de leur très grande faute.
La morale, dans nos contrées civilisées en lutte contre la barbarie, avance au pas d'un cheval au galop ... vers le Moyen-âge européen, où le pilori connut ses heures de gloire ...
"L'objet historique de Foucault, dans "Surveiller et punir. Naissance de la prison", est donc ce passage du corps à l'âme comme cible de la procédure juridique de la punition (Foucault cite à l'appui G. de Mably, demandant en 1789 "Que le châtiment, si je puis ainsi parler, frappe l'âme plutôt que le corps": SP, 22).
Mais l'âme, cela ne veut rien dire. Aussi bien ce dont il s'agit est, plus précisément, d'une transformation de la manière dont le corps (corps-âme, indissociablement) est investi par les rapports de pouvoir. Le corps n'est plus tranché dans sa chair, mais dans ses processus mentaux et affectifs. On va juger le personnage du criminel, évaluer sa moralité, quantifier son degré de folie, calculer la probabilité de le redresser, de le guérir pour qu'il redevienne un citoyen normal, etc. Même l'objet "crime" change: on punit l'agressivité dans l'agression, le désir dans le meurtre, la perversion dans le viol. On punit, dans l'acte, la passion qui l'a, dit-on, causé. La douceur pénale, dit Foucault, est une technique de pouvoir. On entre ainsi, dit alors Foucault, dans une forme de pouvoir associée moins à l'Etat lui-même qu'à la surveillance."
Mais l'âme, cela ne veut rien dire. Aussi bien ce dont il s'agit est, plus précisément, d'une transformation de la manière dont le corps (corps-âme, indissociablement) est investi par les rapports de pouvoir. Le corps n'est plus tranché dans sa chair, mais dans ses processus mentaux et affectifs. On va juger le personnage du criminel, évaluer sa moralité, quantifier son degré de folie, calculer la probabilité de le redresser, de le guérir pour qu'il redevienne un citoyen normal, etc. Même l'objet "crime" change: on punit l'agressivité dans l'agression, le désir dans le meurtre, la perversion dans le viol. On punit, dans l'acte, la passion qui l'a, dit-on, causé. La douceur pénale, dit Foucault, est une technique de pouvoir. On entre ainsi, dit alors Foucault, dans une forme de pouvoir associée moins à l'Etat lui-même qu'à la surveillance."
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