Pigeon vole !...

Publié le par Pim


"Travaillez plus pour gagner plus" ...

Celui qui émet cette bienveillante recommandation travaille beaucoup ... Grand Voyageur devant l'Éternel...
Le suivant, tel ses fidèles pigeons, on ne pourra que s'affliger de la récente déconvenue d'une banque française, escroquée, nous dit-on, par ses propres logiques !

Voici, messires et gentes dames,
la triste, mais bien édifiante histoire de l'arroseur arrosé  :

Il était une fois un jeune homme, bien sous tous rapports qui, ne faisant que 100 000 euros de salaire par an, reçut, avec  beaucoup d'intérêt, les Bienveillantes Recommandations du Guide Spirituel Suprême.

Rêvant, lui aussi, en sa modeste chaumière, d'épouser une belle princesse, il se dit, à part lui, qu'

Il vaut mieux être riche et bien portant que pauvre et malheureux,
Surtout dans l'air du temps.
 
 
Courageux, valeureux, et tout et tout, il s'attela à la tâche.
Rodé, qu'il était déjà, à la pratique du bluff professionnel, son métier en quelque sorte, passant sa sainte journée à prendre des paris sur l'avenir au détriment des autres, comme le lui recommandait son employeur dont il avait inscrit, en frontispice de son modeste bureau, la devise : "Gagnez, gagnez plus, ce sont les pigeons qui manquent le moins !", il se dit que la haute voltige lui vaudrait la considération de ses chefs et, sans doute, une prime de mérite au risque de 300 000 euros.

C'est ainsi que, pour mieux plaire à son employeur, ne perdant pas de temps en de vaines vacances, brûlant les check points, accroché qu'il était à son unique et planant objectif, il se retrouva ...
... accusé, vilipendé sur la place publique, mis au pilori et en examen, et, cerise sur le gâteau, peut-être, lui aussi (c'est là le souhait du représentant du ministère public, afin, sans doute, que son virus de Stakhanov, récemment identifié, ne se communique sans précaution préalable à la population, visiblement peu préparée à faire un usage raisonné des recommandations du Guide Suprêmement Spirituel), ... derrière les barreaux.

C'est vrai quoi ! Travailler à en effrayer son patron qui, pris de panique, a dû tout vendre au pire moment. Le monde à l'envers ! Cela est indécent,  malhonnête, voire criminel !
À quoi serviraient les chefs, s'ils devaient maintenant suivre leurs employés, et travailler, eux aussi, ce plaisir qu'ils laissent à ceux qui vont au casse-pipes pour eux ... et leur bien ? Ce d''autant qu'alors, il leur a fait perdre les gros sous convoités ?
 
"Le travail rend libre !",  ... assurément (comme le rappelait en signe de bienvenue le fronton des camps !)
... et la "liberté" donne du zèle au pigeon ... à lui en faire prendre des vessies pour des lanternes !

C'est que, nous fait-on aussitôt savoir afin que nulle spéculation hasardeuse ne soit permise sur le bien-fondé d'un labeur justement encadré, le prix de la liberté aura, fabuleusement, augmenté en ces temps de pénurie (la concurrence chinoise, vous comprenez) ....
Ainsi, entendant jeter le bébé sans l'eau du bain, s'attache-t-on, avec la dernière détermination, à préserver l'esprit de saine compétition qui DOIT régner entre les travailleurs, comme le fondement même de ce qui maintient leur enviable sort, et qui n'a, somme toute, que de négligeables conséquences au regard du grand profit que l'on en tire, tout en dénonçant avec la plus grande fermeté ses "errements" outranciers.

Survolant ces regrettables contingences, qui jettent le discrédit sur les fleurons de notre grande nation, notre Guide Suprêmement Spirituel en appelle à la "responsabilité". 
Fort heureusement, IL sait, dans sa grande sagacité, concilier avec bonheur l'utile et l'agréable, le Taj Mahal et les contrats, les augmentations de salaire de 192% et les repos indispensables au Grand Voyageur.
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Publié dans De la Guerre

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