Le prix de la vie

Publié le par Pim

Vendredi 11 janvier 2008,  Matignon annonçait la décision d'activer la clause de sauvegarde sur le maïs transgénique de Monsanto MON 810.

"Selon Monsanto, qui a procédé à une analyse détaillée des publications scientifiques citées dans l'avis, l'existence de faits scientifiques nouveaux sur le MON 810 "n'est cependant pas synonyme de "risques nouveaux''". Dissémination du pollen, apparition de résistance sur les insectes cibles, effets sur la faune non cible, santé humaine, toxicologie, effets biologiques et microbiologiques (...)
"Au vu de ces éléments, affirme Jean-Michel Duhamel, président de Monsanto France, dans un courrier adressé au ministère de l'agriculture, il ne fait aucun doute que l'avis ne remplit aucun des critères qui permettraient, à titre exceptionnel, à l'Etat français de suspendre l'effet d'une autorisation délivrée en toute légalité et aux termes d'une évaluation scientifique rationnelle." L'industriel estime donc que la clause de sauvegarde ne peut être valablement invoquée."

À en juger par le ton de ce document produit par la firme états-unienne de l'industrie agro-alimentaire, c'est désormais à l'Etat de justifier, devant des officines privées, de ses précautions de santé publique ! ...
Quelle outrecuidance ...! Une attitude incompréhensible, illogique, insolente de la part de l'État, qui va jusqu'à refuser l'autorisation sans même énoncer de "risques nouveaux" par rapport à tous ceux déjà mis en évidence !

N'est-il pas avéré que cette firme de l'industrie agro-alimentaire, Monsanto, a ses entrées, largement ouvertes, dans les arcanes des décisions politiques (on appelle cela du joli terme de lobbying) se permettant, entre autres, d'écarter d'un revers de manche les questions concernant les risques, tels qu'ils ont été mis en évidence sur des rats ?
" avec les rats nourris à 33% avec du maïs MON 810, une baisse significative du rapport d’albumine/globuline a été observée par comparaison avec les contrôles et les groupes références à la fin de l’étude. " Par ailleurs, les discussions publiques de la CGB rapportent une inflammation et une régénération anormale des reins des mâles nourris avec le MON 863, et une augmentation significative de la glycémie chez les femelles. Des comités scientifiques en Autriche, Italie, France, Espagne, Suède et Hollande, en particulier, ont questionné Monsanto sur la toxicité et les allergies de ce maïs ou du MON 810, mais aussi des deux MON 863 x MON 810 après la transmission des données par la compagnie, alors que le temps d’évaluation des documents était très court."

On comparera cette sollicitude pour la santé des humains que nous sommes à celle d'une firme automobile dans une affaire la concernant, qui date de pas moins de 8 années :

Volvo condamné à 200.000 euros d'amende après un accident mortel SAVERNE, Bas-Rhin, 31 janvier (Reuters) - Le constructeur automobile Volvo a été condamné jeudi à 200.000 euros d'amende pour homicides et blessures volontaires par le tribunal correctionnel de Saverne (Bas-Rhin) après un accident impliquant
le système de freinage d'un de ses véhicules.
Une automobiliste, circulant le 17 juin 1999 dans une rue enpente du centre de Wasselonne, avait perdu le contrôle de sa Volvo 850 TDI break automatique et avait fauché trois enfants âgés d'une dizaine d'années sur un trottoir. Deux d'entre eux étaient morts, le troisième avait été grièvement blessé.
La conductrice, (...) a été condamnée à six mois de prison avec sursis, un an de suspension du permis de conduire et 300 euros d'amende pour défaut de maîtrise de son véhicule, conformément aux réquisitions du parquet. (...) estimant que celle-ci, (...) n'avait pas eu les réflexes qui auraient pu éviter le drame.
Volvo Car Corporation, aujourd'hui filiale de Ford, contestait l'hypothèse d'une défaillance mécanique de son
véhicule. Le constructeur devrait donc faire appel.

ou à celle-ci :

 Le gouvernement britannique s'est excusé jeudi auprès d'anciens membres des forces armées qui affirment avoir servi contre leur gré de cobayes pour des essais chimiques pendant la Guerre froide et leur a accordé des compensations.
Le ministère de la Défense a attribué 3 millions de livres (4 millions d'euros) de dédommagements à 360 anciens membres du personnel militaire, a annoncé dans une réponse écrite au parlement le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, Derek Twigg.
Le ministère n'a cependant pas reconnu sa responsabilité pour les erreurs commises et cette somme doit être considérée comme "un règlement entier et définitif".
"Le gouvernement accepte qu'il y ait pu avoir des défauts dans certains aspects des essais et, en particulier, que la vie ou la santé des participants ait pu être en danger", a indiqué M. Twigg dans sa réponse.
"Le gouvernement s'excuse sincèrement auprès de ceux qui pourraient avoir été affectés", a-t-il ajouté.
Le ministre a expliqué qu'un "accord à l'amiable" avait été conclu avec les victimes des essais, qui ont eu lieu sur la base militaire de Porton Down, dans le sud-ouest de l'Angleterre, dans les années 1950 et 1960.
Les anciens cobayes, qui disent avoir souffert par la suite de problèmes de santé, assurent qu'on leur avait laissé croire qu'ils se portaient volontaires pour des tests cliniques destinés à produire des médicaments, et non pour desessais sur des armes chimiques et bactériologiques.
En mai 2006, la famille d'un ingénieur de la Royal Air Force, Ronald Maddison, mort à Porton Down à l'âge de 20 ans en 1953 quand du gaz sarin avait été renversé sur son bras, avait reçu 100.000 livres (135.000 euros) dedédommagements.
Au moins 20.000 membres du personnel militaire ont pris part à des essais sur cette base entre 1939 et 1989, même si tous n'ont pas été exposés à des agents chimiques ou neurotoxiques."
LONDRES, 31 jan 2008 (AFP)

La vie humaine estimée à son juste prix, quand elle n'est plus, tous comptes faits, qu'une source de profits par sa réduction à celle d'un cobaye de laboratoire, une chose instrumentalisable.
Un truisme aujourd'hui, dont M. Blair est évidemment avisé et convaincu. En gestionnaire commis à la chose publique, il aura fondé sa politique sur cette évidence énoncée par Thatcher, "there is no alternative" , et entend manifestement en poursuivre, jusques dans sa tombe, la logique obsessionnelle d'épicier qui se résume à ne répéter jamais que cet unique "commandement" : "Toute chose a son prix ! ...et il vaut mieux pouvoir payer !"

 "Emissaire du Quartette au Proche-Orient, conseiller d'un assureur suisse et d'une banque américaine, conférencier coté: depuis son départ de Downing Street, l'hyperactif Tony Blair a entamé une reconversion controversée mêlant engagements publics et contrats lucratifs.
Dernier poste en date décroché par l'ex-Premier ministre, annoncé en début de semaine: conseiller de Zurich Financial Services, notamment sur les questions internationales et environnementales.
Quelques semaines plus tôt, la banque américaine JPMorgan révélait avoir recruté M. Blair comme conseiller à temps partiel.
La liste pourrait encore s'allonger: le jeune retraité de 54 ans a lui-même reconnu qu'il envisageait d'accepter "une petite poignée" de postes similaires. (...)
Ses postes chez Zurich et JPMorgan, les nombreux discours qu'il prononce aux quatre coins du monde, le contrat signé avec un éditeur pour la rédaction de ses mémoires, lui auraient rapporté plus de 10 millions de livres (13 millions d'euros) en moins d'un an, selon des estimations concordantes.
Pour M. Travers, la boulimie financière de M. Blair s'explique aisément. Après dix ans au pouvoir, M. Blair a quitté Downing Street en juin dernier, acquérant à crédit une maison londonienne estimée à plus de 3,5 millions de livres (4,7 millions d'euros), selon la presse."
(...) LONDRES, 31 jan 2008 (AFP)

Représentant de la gauche britannique...,  modèle d'une "troisième voie" pour le socialisme en Europe !...
On prend ici la mesure de la plaisante vérité de ce "socialisme" : le pouvoir politique des aires "démocratiques", tremplin vers l'enrichissement personnel, en reconnaissance de ses loyaux services d'antichambre de l'artificialisation du vivant, de sa transformation en marchandise ...
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Publié dans De la Dépossession

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