De l'aliénation ordinaire
HA ! HA ! HA !
"La gendarmerie de Courdimanche, dans le Val-d'Oise, a auditionné un enfant de 8 ans, avec son père, pour s'être battu à l'école avec un autre garçon, a-t-on appris dimanche 31 mai auprès de la gendarmerie, confirmant une information du Parisien.
Cette procédure s'inscrit dans la suite logique d'un dépôt de plainte de la mère de l'enfant ayant reçu des coups, a-t-on précisé de même source.
Lors de son audition, d'une vingtaine de minutes, le garçon de 8 ans a reconnu s'être battu avec l'un de camarades de classe. Il a expliqué son avoir agi ainsi parce que ce dernier "cherchait à (le) manipuler".
Les deux enfants ne seraient déjà plus brouillés selon la gendarmerie.
"C'est une histoire qui n'aurait même pas dû sortir de l'école" a dit le père déplorant la tournure prise par les évènements. Cela "aurait dû se régler entre adultes", au lieu d'être dramatisée à ce point, a-t-il ajouté." (Nouvelobs.com)
"Adultes" ???.... Où çà ?
Toujours plus loin dans le cirque, la France au hit-parade du délire. Serait-ce un dommage collatéral de la "mamysation" des deux ministères, Défense et Intérieur, dont ont successivement relevé ces ailés fonctionnaires ? Une affaire de "climat", comme il est dit dans le film ? De réchauffement climatique agitant les cerveaux lents ? Allez savoir ...
La lecture des commentaires, très sérieux, de cet article, permet, néanmoins, de répondre sans ambiguité à ces troublantes questions : ce n'est plus même une question de gouvernement, ou d'obligation de résultats et de chiffres annoncés du ridicule, mais bien une folie ordinaire, tout à fait admise donc, qui s'est emparée de ces temps, une illustration, une de plus, de jusqu'où il est devenu ordinaire, "normal" pour l'homme, de s'abaisser.
Cette folie existait déjà. Elle n'a fait que s'approfondir, se généraliser aux plus infimes détails de l'existence, et ce n'est pas le moindre de ses succès que d'être parvenue, ainsi, à se faire passer pour l'ordinaire, c'est-à-dire la normalité, repoussant ce qui était autrefois raisonnable dans les limbes de l'absurde, de la rêverie nostalgico-romantique, du patholoqique et du suspect.
Sans autre médiation que celle d'une explication franche et directe, se réglaient les rapports sociaux dans leur violence non dissimulée. Les voici, aujourd'hui à se laisser complaisamment soupeser, mesurer, modérer, censurer, différer et travestir selon les temes d'une mesure marchande de leur réalité sur les plateaux d'une "balance" d'épicier érigée en vérité ultime.
Le recours à la loi est d'abord le recours au pouvoir de l'argent. Tel un spray dissimule les odeurs non gratæ, leur substituant la chimie industrielle réputée respirable, sa puissance sans appel recouvre, c'est-à-dire aseptise, toute violence non fonctionnelle, non conforme à la dernière norme ISO en vigueur, jaugeant et ramenant tout échange à l'aune de ce que la machine attend de ses rouages.
Cette omniprésence, cette omnipotence conférées soudain à la loi, identifiée comme le père symbolique par la psychanalyse - un statut et une place que l'on ne rencontre que dans les sociétés religieuses, dont chaque aspect de la vie, dans ses retranchements les plus intimes, est censé être réglé au doigt et à l'œil par la loi divine -, est, aussi bien, la traduction d'une infantilisation généralisée, d'un abandon de son jugement et, a fortiori, de sa capacité à le faire entendre.
L'aspect le plus inquiétant de cette infantilisation n'est pas son caractère forcé, mais que se rue, à sa perspective de liberté de jocrisse, l'esprit de cette époque, avec la précipitation d'une famille de suidés domestiques trop longtemps retenus, lâchés vers la mare pour raisons sanitaires. Telle est la "rupture", que d'aucuns ont été appelés à incarner.
Une société d'adultes entendait produire l'école pour inculquer ses "valeurs" à la génération suivante et lui permettre ainsi de se re-produire, sinon à l'identique, pour le moins dans le creuset d'une perspective expérimentée et de long terme. C'est aujourd'hui une cour de récréation qui produit une société.
À infantiliser les dits adultes, traités tels de grands enfants, seulement capables d'ingérer la becquée, qu'on leur vend, cette société de consommation dirigée en arrive à suspecter ses enfants d'être des adultes trop précoces, d'en prendre aussitôt peur, quand être adulte, aujourd'hui, relève déjà du délit, en ce que cela présuppose d'autonomie, de capacité de décision mûrement réfléchie. Pour tout dire, être adulte c'est être beaucoup trop vieux.
Aussi bien s'agirait-il de "protéger" les jeunes pousses d'influences "pernicieuses" susceptibles de les livrer à un aussi sombre avenir. Telle est la schizophrénie du politique - ou son hypocrisie -, quand c'est le marché lui-même qui a remplacé, toute séduction déployée, le maître d'école, rangé, quant à lui, au placard des accessoires poussiéreux.
Vouloir "protéger" l'école aujourd'hui, revient à chercher à éviter que les poissons soient moulllés, selon cette idée procédant d'un cerveau de boutiquier qui pense l'enfant comme catégorie chosifiée, isolée de la société dans laquelle l'enfant aura à grandir et évoluer. Le résultat d'une telle politique marchant sur la tête ne se fait pas attendre : la dite protection revient à livrer l'école à la police - ce qui n'est finalement jamais que sa vérité -, seul agent auquel cette société nourrie de séparation, et de la peur qu'elle engendre toujours, n'a pas d'autre choix que de faire confiance pour la protection obsessionnelle de ses chères "valeurs", celles du sang, des larmes ... et du pétrole, selon les cours de la bourse.
Protection de quoi, en vérité, sinon de la vie, à laquelle ces dites "valeurs" se sont substituées tant elle redoute au plus haut point la vie et ses aléas, la confondant, sans doute, cette société hautement morale de marloux et de filles, avec ces soirées de simagrées entre intimes telles qu'en donne un Berlusconi, en telle innocence devant ses chers électeurs qu'li doit, à présent, en poursuivre la publicité.
On devrait interdire la photographie ... une technique tout à fait indécente, et peut-être aussi le cinéma, d'ailleurs. Ah ! Ces talibans, sont-ils heureux tout de même.
Pour en revenir à nos chers ubus, l'article ne dit pas, cependant, jusqu'où, dans la dépense, ces braves et rigoureux pandores auront dû pousser leurs tâches si sérieuses et leurs ailes ... jusqu'à transmettre, peut-être, la plainte au procureur pour instruction d'un magistrat et convocation des parents devant une cour (de récréation, cela va de soi ....).
"La gendarmerie de Courdimanche, dans le Val-d'Oise, a auditionné un enfant de 8 ans, avec son père, pour s'être battu à l'école avec un autre garçon, a-t-on appris dimanche 31 mai auprès de la gendarmerie, confirmant une information du Parisien.
Cette procédure s'inscrit dans la suite logique d'un dépôt de plainte de la mère de l'enfant ayant reçu des coups, a-t-on précisé de même source.
Lors de son audition, d'une vingtaine de minutes, le garçon de 8 ans a reconnu s'être battu avec l'un de camarades de classe. Il a expliqué son avoir agi ainsi parce que ce dernier "cherchait à (le) manipuler".
Les deux enfants ne seraient déjà plus brouillés selon la gendarmerie.
"C'est une histoire qui n'aurait même pas dû sortir de l'école" a dit le père déplorant la tournure prise par les évènements. Cela "aurait dû se régler entre adultes", au lieu d'être dramatisée à ce point, a-t-il ajouté." (Nouvelobs.com)
"Adultes" ???.... Où çà ?
Toujours plus loin dans le cirque, la France au hit-parade du délire. Serait-ce un dommage collatéral de la "mamysation" des deux ministères, Défense et Intérieur, dont ont successivement relevé ces ailés fonctionnaires ? Une affaire de "climat", comme il est dit dans le film ? De réchauffement climatique agitant les cerveaux lents ? Allez savoir ...
La lecture des commentaires, très sérieux, de cet article, permet, néanmoins, de répondre sans ambiguité à ces troublantes questions : ce n'est plus même une question de gouvernement, ou d'obligation de résultats et de chiffres annoncés du ridicule, mais bien une folie ordinaire, tout à fait admise donc, qui s'est emparée de ces temps, une illustration, une de plus, de jusqu'où il est devenu ordinaire, "normal" pour l'homme, de s'abaisser.
Cette folie existait déjà. Elle n'a fait que s'approfondir, se généraliser aux plus infimes détails de l'existence, et ce n'est pas le moindre de ses succès que d'être parvenue, ainsi, à se faire passer pour l'ordinaire, c'est-à-dire la normalité, repoussant ce qui était autrefois raisonnable dans les limbes de l'absurde, de la rêverie nostalgico-romantique, du patholoqique et du suspect.
Je ne veux pas que vous le poussiez ou l’ébranliez, mais seulement ne le soutenez plus ; et, vous le verrez, comme un grand colosse à qui on a dérobé la base, de son poids même fondre en bas et se rompre.
"De la servitude volontaire ou le contr'un" par Etienne de la Boétie
Au rang de ce qui est devenu "normal", dans la trace de ce qui se pratique couramment depuis quelques années aux États-unis - toujours en avance en matière de délire - jusques dans l'intime des rapports sociaux se déballant maintenant sur la place publique, telles de pauvres choses, par l'entremise d'avocats médiatiques, de médias se faisant avocats, la "judiciarisation" des rapports sociaux, comportement galopant tel un lierre sur un pauvre mur, n'est pas la "cause" de telles prétendues "dérives", mais la conséquence de rapports sociaux délités, une tentative ultime d'en dissimuler la misère avant que, toute honte bue, d'énoncer leur vérité. Leur glaciation par l'argent conduit chacun, ou presque, aujourd'hui, à s'en remettre aux illusions d'une justice pour la rendre témoin et juge de l'injustice même que représente son existence, de la violence quotidienne, sans plus de remparts, à laquelle cette existence est soumise."De la servitude volontaire ou le contr'un" par Etienne de la Boétie
Sans autre médiation que celle d'une explication franche et directe, se réglaient les rapports sociaux dans leur violence non dissimulée. Les voici, aujourd'hui à se laisser complaisamment soupeser, mesurer, modérer, censurer, différer et travestir selon les temes d'une mesure marchande de leur réalité sur les plateaux d'une "balance" d'épicier érigée en vérité ultime.
Le recours à la loi est d'abord le recours au pouvoir de l'argent. Tel un spray dissimule les odeurs non gratæ, leur substituant la chimie industrielle réputée respirable, sa puissance sans appel recouvre, c'est-à-dire aseptise, toute violence non fonctionnelle, non conforme à la dernière norme ISO en vigueur, jaugeant et ramenant tout échange à l'aune de ce que la machine attend de ses rouages.
Cette omniprésence, cette omnipotence conférées soudain à la loi, identifiée comme le père symbolique par la psychanalyse - un statut et une place que l'on ne rencontre que dans les sociétés religieuses, dont chaque aspect de la vie, dans ses retranchements les plus intimes, est censé être réglé au doigt et à l'œil par la loi divine -, est, aussi bien, la traduction d'une infantilisation généralisée, d'un abandon de son jugement et, a fortiori, de sa capacité à le faire entendre.
L'aspect le plus inquiétant de cette infantilisation n'est pas son caractère forcé, mais que se rue, à sa perspective de liberté de jocrisse, l'esprit de cette époque, avec la précipitation d'une famille de suidés domestiques trop longtemps retenus, lâchés vers la mare pour raisons sanitaires. Telle est la "rupture", que d'aucuns ont été appelés à incarner.
Une société d'adultes entendait produire l'école pour inculquer ses "valeurs" à la génération suivante et lui permettre ainsi de se re-produire, sinon à l'identique, pour le moins dans le creuset d'une perspective expérimentée et de long terme. C'est aujourd'hui une cour de récréation qui produit une société.
À infantiliser les dits adultes, traités tels de grands enfants, seulement capables d'ingérer la becquée, qu'on leur vend, cette société de consommation dirigée en arrive à suspecter ses enfants d'être des adultes trop précoces, d'en prendre aussitôt peur, quand être adulte, aujourd'hui, relève déjà du délit, en ce que cela présuppose d'autonomie, de capacité de décision mûrement réfléchie. Pour tout dire, être adulte c'est être beaucoup trop vieux.
Aussi bien s'agirait-il de "protéger" les jeunes pousses d'influences "pernicieuses" susceptibles de les livrer à un aussi sombre avenir. Telle est la schizophrénie du politique - ou son hypocrisie -, quand c'est le marché lui-même qui a remplacé, toute séduction déployée, le maître d'école, rangé, quant à lui, au placard des accessoires poussiéreux.
Vouloir "protéger" l'école aujourd'hui, revient à chercher à éviter que les poissons soient moulllés, selon cette idée procédant d'un cerveau de boutiquier qui pense l'enfant comme catégorie chosifiée, isolée de la société dans laquelle l'enfant aura à grandir et évoluer. Le résultat d'une telle politique marchant sur la tête ne se fait pas attendre : la dite protection revient à livrer l'école à la police - ce qui n'est finalement jamais que sa vérité -, seul agent auquel cette société nourrie de séparation, et de la peur qu'elle engendre toujours, n'a pas d'autre choix que de faire confiance pour la protection obsessionnelle de ses chères "valeurs", celles du sang, des larmes ... et du pétrole, selon les cours de la bourse.
Protection de quoi, en vérité, sinon de la vie, à laquelle ces dites "valeurs" se sont substituées tant elle redoute au plus haut point la vie et ses aléas, la confondant, sans doute, cette société hautement morale de marloux et de filles, avec ces soirées de simagrées entre intimes telles qu'en donne un Berlusconi, en telle innocence devant ses chers électeurs qu'li doit, à présent, en poursuivre la publicité.
On devrait interdire la photographie ... une technique tout à fait indécente, et peut-être aussi le cinéma, d'ailleurs. Ah ! Ces talibans, sont-ils heureux tout de même.
Pour en revenir à nos chers ubus, l'article ne dit pas, cependant, jusqu'où, dans la dépense, ces braves et rigoureux pandores auront dû pousser leurs tâches si sérieuses et leurs ailes ... jusqu'à transmettre, peut-être, la plainte au procureur pour instruction d'un magistrat et convocation des parents devant une cour (de récréation, cela va de soi ....).
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