Jeux olympiques

Publié le par Pim

OPPORTUNISME, subst. masc. Ligne de conduite politique dans laquelle la tactique se détermine d'après les circonstances, en transigeant, si nécessaire, avec les principes.

On savait la perfide Albion spécialiste de la méthode. Sa dernière figure frise le cas d’école.
Mme Thatcher avait inauguré le retour à un capitalisme XIXè, bousculant toutes les protections sociales du XXè. M. Blair avait inauguré la "3è voie", le néo-libéralisme plus le mensonge. Toutes "innovations" montrées en exemple comme un modèle à réimplanter là où “vieilleries sociales” ou vertu politique pouvaient s'opposer à davantage de profits et de mercantilisme sans vergogne.
"La Banque d'Angleterre s'était vue reprocher l'an dernier par une partie des milieux d'affaires et politiques de ne pas avoir suffisamment aidé les banques britanniques engluées dans la crise du crédit, alors que ses homologues comme la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE) injectaient des centaines de milliards de dollars dans leurs circuits bancaires respectifs."
Voici chose faite, tant il est vrai que l’Etat, fut-il britannique, reste l’instrument des voleurs patentés et des boutiquiers, leur machine de guerre préférée. "La Banque d'Angleterre devrait annoncer la semaine prochaine un plan de 50 milliards de livres (63,45 milliards d'euros)  afin de permettre à la Grande-Bretagne de surmonter la crise du crédit immobilier. Le gouvernement proposera aux banques britanniques d'échanger des prêts hypothécaires à hauteur de 50 milliards de livres (63 milliards d'euros) contre des obligations d'Etat d'une durée d'un an, avec possibilité de les prolonger jusqu'à trois ans."
Cela ne fait guère que la seconde fois, en moins de deux mois, que le gouvernement travailliste se met à trahir le sacro-saint libéralisme au pays même d’Adam Smith. La nationalisation de la banque Northern Rock avait déjà sonné le glas de la fumeuse théorie du libéralisme triomphant. Tant d'"innovations" pour en revenir à pleurer la protection publique ! ...
Allons ! Au boulot, MmeM. les contribuables !... puisqu'il semble bien dans l'Ordre démocratique qu'il appartienne au peuple, - c'est d'ailleurs bien la seule chose qui lui appartienne -,  d'assumer les errements de ceux qui savent, quant à eux, ne rien partager des profits qu'ils engrangent.

En France, l’opportunisme a fait école, tant il est vrai que tout ce qui vient d’Outre-Manche est parole d’or.
On aura noté sa côte de popularité auprès de certains membres de l'actuel personnel politique. Certes, la chose ne date pas d'aujourd'hui. Elle est un style de vie bien ancré dans la culture, que certains cultivent jusqu'à la corruption. Certains, même, ont su en jouer si habilement qu'en des temps troublés ils sont passés d'un camp à l'autre non seulement sans une égratignure mais avec les honneurs de la guerre, quand d'autres, moins chanceuses et sans doute plus modestes, connaissaient plutôt l'humiliation de la tonte publique et d'autres encore la justice expéditive ou les procès.
"
Stoppons avec les simplifications. Elles sont criminelles à leur manière et n´aident pas à la compréhension de notre histoire. Vichy était le carrefour de toutes les ambiguïtés françaises (...)  "Le silence terrible pour nous, maintenant, sur les Juifs (bien sûr on ne pouvait pas imaginer à l´époque la Shoah) était hélas la chose au monde la mieux partagée", souligne Serge Moati."
À en croire, aujourd'hui, certains idôlatres  de la figure de Commandeur de la Gauche française, la seule erreur du jeune pétainiste Mitterrand, comme celle du fascisme français, aura été de ne pas s'occuper des juifs ... Une façon de réhabilitation, tant du personnage que de la période, opportune en ces temps de confusions et d'"ambiguités françaises". (“Déjeuner un dimanche à Latché en 1973 chez les Mitterrand avec l’ami René Bousquet, secrétaire général de la police de Vichy en 1942 et 1943?, photo D.R.)
Une autre célébrité, M. Papon, grand pratiquant de l'opportunisme, passé, en 1940, de la Ligue d'action universitaire républicaine et socialiste, organisation soutenant le Front populaire, aux idées de la Révolution nationale du Maréchal Pétain et de son gouvernement, nommé en 1942 secrétaire général de la préfecture de la Gironde, à Bordeaux, en zone occupée, fournissant à la Libération, un certificat de résistance indiquant qu'il aurait appartenu au réseau Jade-Amicol à compter du 1er janvier 1943., M. Papon, confirmé dans ses fonctions par De Gaulle, préfet de police de Paris, aura donc été, quant à lui, condamné pour s'être, en quelque sorte, trop occupé des juifs.

Visiblement aussi soucieux de collaborer avec la puissance montante, M. Sarkozy, actuel président de la République d’un pays qui fut dit celui des Droits de l’Homme, ne vient-il pas de présenter de plates excuses à l'athlète handicapée chinoise bousculée au passage de la flamme à Paris par des opposants au colonialisme chinois au Tibet ?
La lettre d'excuses du président français Nicolas Sarkozy, lue lundi à Shanghai par le président du Sénat Christian Poncelet, a dépassé les plus folles espérances des dirigeants chinois qui, dans un pays où perdre la face équivaut à une mort sociale. ne pouvaient, certes, en espérer tant comme confirmation de leur politique coloniale au Tibet.
Ici encore, l’Etat se montre le digne représentant de ses boutiquiers, dont il entend protéger les intérêts sur le convoité marché chinois.
Pour autant, la partie ne semble guère gagnée ! Après les manifestations des Chinois devant les magasins Carrefour en Chine, voici les blogueurs chinois qui viennent faire sa fête au président français, mettant en avant son erreur stratégique de ne pas s'être excusé au moment où l'athlète handicapée chinoise se faisait assaillir sur sa chaise roulante, “ce qui l'a fait passer pour un homme sans cœur, et ne réagir que plus tard sous la pression populaire chinoise, faisant de lui un homme lâche et sans convictions. «Sarkozy manque d'intelligence politique», explique Wang Xiaofeng, journaliste de l'hebdomadaire Life Week.”

On s’amusera alors d’un autre opportunisme, celui du maire de Paris, profitant de cette honteuse soumission du représentant du pays dit des droits de l’homme devant le colonialisme chinois pour faire du dalaï-lama le citoyen d'honneur de la capitale. Ce geste a importuné les dirigeants chinois et quelque peu réduit à néant les efforts de courbettes gymniques du président des entrepreneurs français.  «La Chine exprime son fort mécontentement et son opposition résolue à cette distinction, a assuré le Ministère des affaires étrangères. Cela interfère durement avec les affaires internes chinoises et altère sérieusement les relations sino-françaises, et en particulier les liens d'amitié existant entre Paris et Pékin.»

Voici donc la trahison des grands principes élevée au rang de discipline olympienne.
On attend évidemment avec une impatience non dénuée d’anxiété la figure de style du prochain candidat ...
Dans ce challenge, la France semble néanmoins conserver un avantage en la personne de son digne chef d'Etat. Ne voit-on pas celui-ci, en effet, renier dans les faits ses propres engagements, et non plus, seulement ceux pris par le pays qu'il est censé représenter ?
Ainsi que le rapporte le journal Le Monde, l'explosion constatée des chiffres de la garde à vue en France fait "peu de cas d'une circulaire de 2003 rappelant que la garde à vue ne peut en aucun cas être "systématique" et qu'elle doit être liée aux "nécessités de l'enquête". Un texte signé Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur."
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Publié dans De la Représentation

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