Eine, zwei

Publié le par Pim

À Lhassa que la police chinoise a investi, les descentes de police se multiplient dans les maisons pour retrouver les personnes impliquées dans les récents mouvements de protestation.

Dans le même temps, "à trois mois du début des Jeux olympiques, la Chine est parvenue, jeudi 7 mai, à transporter la flamme olympique jusqu'au sommet du mont Everest. au point culminant, à 8 848 mètres, pour y déployer également le drapeau chinois, le drapeau olympique et un drapeau portant le logo des JO. La dernière relayeuse, Ciren Wangmu, une Chinoise d'origine tibétaine, a hissé la torche, allumée peu avant par une température extérieure de - 30 C°.
La volonté de Pékin de faire passer la flamme olympique sur le Toit du monde a suscité de vives critiques, notamment de la part d'associations pro-tibétaines, qui dénoncent la répression après le début des émeutes au Tibet en mars."

Dans le même esprit, Arte, dans l’émission Thema du 6/05/08, diffusait deux documentaires sur "le vrai et le faux". Le premier indiquait comment Mein Kempf de l’idéologue du nazisme, Hitler, énonçait, sans rien en dissimuler, toute la vérité du nazisme bien avant son accession au pouvoir, vérité annoncée qui n’a pas semblé émouvoir outre mesure les “démocrates” au pouvoir qui, à l’époque, avaient en charge de “protéger” leurs concitoyens. Voici pour le “vrai”.
Le second, en contrechamp, semblait interroger les mystères de la propagation d’une mystification, “les protocoles des sages de Sion”, insistant toutes les quatre phrases sur le fait qu’il s’agissait d’un “faux”, produit par la théorie du complot contre les juifs, “faux” interdit de diffusion dans les démocraties, en France comme en Allemagne, au prétexte qu’il pourrait donner des idées à ceux qui s’aviseraient d’observer les réalités lourdement présentes, mais largement diffusé dans les pays musulmans. Ici encore, ce ne sont nullement les réalités d'une armée d'occupation qui fabriqueraient la conscience d'une résistance à l'occupant, mais l'inverse, comme chacun le sait, la lecture d'un pamphlet anti-sioniste, un "faux" qui plus est, ne pouvant que provoquer la valeureuse résistance de l'occupant ! ...  Marcher sur la tête ne semble pas géner la progression en terrain miné du commentateur. Il est vrai que lui auront grandement facilité cette tâche quelques nettoyages conjoints préalables de l'aviation et de l'artillerie, auxquels aura voulu résolument s'associer, en signe d'amitié entre les peuples, sans doute, cette renversante "french touch".
Aussi bien, la conclusion de cette mise en confrontation des deux documentaires, sortie de nulle part mais s’imposant néanmoins d’elle-même au présentateur de cette émission, "Les bréviaires de la haine", un certain M. Daniel Leconte, est d’interroger les démocrates actuels sur leur incapacité à apercevoir les dangers de ... l’Iran !
Tout bon Occidental, fier de l'être, aura aussitôt saisi qu'il ne s'agit nullement ici de propagande ou d'incitation à la "haine".

Produire de qui que ce soit une image diabolique consiste à le faire passer pour un opposant à Dieu, géniteur du Bien.
Quand le symbole est signe conventionnel d’un ralliement, le DIABLE se fait celui du dédoublement, de la désunion, de la contradiction.
Selon les croyances judéo-chrétiennes et dans la tradition populaire, le diable est le principe du mal, l’antonyme de Dieu. («Dargelos, que penses-tu du diable ?»  «Le diable ? C'est les défauts de Dieu» (Cocteau, Fin Potomak, 1940, p. 117).

L’empire états-unien est divin. Conséquemment tout ce qui s’oppose à lui ne peut être que diabolique. Voici pour la rhétorique, déjà bien connue depuis au moins la Seconde guerre mondiale. Ce qui a valu ce titre à l’empire est, outre le mérite, indiscutable, d'avoir fait connaître à l'Europe les bienfaits du bas nylon et du corned beef, celui d’avoir combattu et triomphé de l’empire du mal absolu, le nazisme,
Ce qui a valu au nazisme ce titre est non pas d’avoir provoqué la mort de plus de quarante à soixante millions d’individus (les chiffres sont à ce point incertains), mais d’avoir exterminé, quasi scientifiquement, cinq à six millions de juifs (mais l’on ne retient généralement que le plus élevé).
Ce n’est nullement le génocide qui lui est reproché, il y en eut d’autres, que l’histoire même considéra avec moult précautions, génocides des peuples amérindiens, des peuples d’Afrique, des Arméniens, pour ne citer que les plus flagrants.
Mais, en ayant pris au pied de la lettre la propension de l’industrie à réduire les humains à des corps, privés d'être, démembrables comme Meccano, instruments manipulables, quantifiables, numérotables, pour ainsi traiter le peuple sacerdotal de l’humanité, peuple élu de Dieu, le nazisme a commis plus qu'une erreur, il a failli à la mission qui lui avait été plus ou moins explicitement confiée, la liquidation des opposants au capitalisme, en transformant le sacrifice rituel du bouc émissaire en extermination réelle, un franchissement injustifiable sur quelque plan que ce soit, sinon celui de la démence d'État. Une théorie reprise par la plupart des exégètes du nazisme, qui entendent ainsi l'expliquer, sinon en justifier la naissance, quand certains autres, au demeurant peu nombreux, en viennent à imaginer une instrumentalisation du nazisme (théorie du complot). Ceux-ci auraient au moins raison sur le fait que le nazisme aura réussi sur l'essentiel : faire oublier par ses excès l'ignominie du capitalisme, le faisant passer pour un moindre mal, quasi "habitable".

Après coup, il est toujours possible de constater que, la basse besogne exécutée et son officiant éliminé, comme le commanditaire du meurtre élimine l'assassin génant, les opposants réellement liquidés mais spectaculairement représentés par le nouvel empire du Mal, l’URSS, face auquel peut se constituer un empire du Bien sorti tout droit de l'éradication de ceux qui avaient osé s'en prendre au peuple de dieu, l’histoire de l'humanité toute entière ainsi réduite, résumée à l’histoire de ce peuple, à l’instar de ce que fut l’Histoire, ramenée à la chronique des rois, le spectacle était en place.
Le public bon-enfant avait à panser ses plaies, plutôt que de se mettre à penser la sauce à laquelle il était en train d'être mijoté. Celui-ci, littéralement sidéré, pouvait alors démarrer cette Histoire par laquelle des semblants de sociétés démocratiques se mettent à devenir visiblement des sociétés de masse, sociétés totalitaires, vampirisant et contrôlant les dites masses, pour leur sécurité, c'est-à-dire leur traite rentable et efficace, usant pour ce faire des moyens mêmes des dictatures prétendûment honnies, liquidant l’habeas corpus dont jouissaient, au moins en idée, ces sociétés.

En idée, seulement, quand la société industrielle l'avait déjà, dans les faits, liquidé, par la mise au pas cadencé du temps capitaliste de l'ensemble des hommes et du décor dans lequel ils ont à vivre.
Aujourd'hui, Guantanamo, le fichage systématisé des citoyens, entre autres vérités de ces temps, ne sont que la traduction de cette mise au pas, qui n'a plus même à nous être justifiée, nous laissant apercevoir ce dont nous sommes les ouvriers avec l’inconscience de moutons de Panurge.
Ne sommes-nous pas, en effet, les brebis de Dieu, en son paradis de la consommation ? Et ne nous faut-il pas payer de quelques insignifiantes concessions le droit de jouir du bonheur d'être ainsi cocoonés, enfermés dans l'enclos, "protégés" ? C’est là l’argument de base servi par tous les aficionados de la sécurité au nom de la "lutte contre le terrorisme", un terrorisme venu d'ailleurs, de la barbarie, de la maladie intrinsèque de l'Autre. Si nous n’avons rien à nous reprocher, que devrions-nous craindre de mesures destinées à nous protéger ?
Sans même évoquer l'usage que saurait faire de telles dispositions, et autres fichiers servis sur un plateau, un neo-Hitler élu par la ferveur démocratique des neo-pétochards de l'existence (il n’est, aujourd’hui, nullement besoin d’un neo-Hitler, l’essentiel étant déjà là), il s’agit simplement de se poser la question de la valeur de cette vie, ainsi réduite à l’alternative binaire, militaire, du Bien et du Mal, du "boire ou conduire", de ce "marche ou crève".
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Publié dans De la Guerre

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