Black-out

Publié le par Pim

Un blackout désigne une coupure d’électricité à large échelle. En temps de guerre, réduction de l’éclairage ou silence imposé pour protéger un lieu d’une attaque ennemie par exemple (on l'écrit black-out dans ce cas en français)
Il désigne aussi une perte momentanée de mémoire après avoir consommé un produit psychotrope, le plus souvent de l'alcool ou de la drogue du violeur.
Il peut aussi être employé dans le cas d'un silence de la presse sur un sujet, on parle alors de black-out médiatique. (Wikipedia)

"Les États-unis sont en guerre". M. Bush l'a dit.
Comment comprendre l'élection de M. Obama autrement que dans ce contexte, quand il faut à la classe dirigeante américaine, c'est-à-dire à l'économie mondiale, concéder une carte, sorte de joker, censée lui permettre de rétablir certains équilibres rompus par l'extravagante et arrogante gestion précédente, celle de l'administration Bush, qui n'a cessé d'afficher en paroles comme en actes qu'aucune limite ne lui était infranchissable.
C'est évidemment, ici, tout autant de tenter de rétablir le crédit de l'"Amérique" à l'étranger, donnée vitale pour l'économie la plus endettée du monde, largement entamé par l'arrogante stupidité de cette administration, ses erreurs répétées, ses mensonges si grossiers qu'elle ne prit pas la peine de les couvrir quand ils furent partout largement éventés, mais aussi bien de tenter de rétablir, à l'intérieur même de ses frontières un semblant de démocratie quand le dernier hold up, initié par l'administration états-unienne même, menace de mettre sur la paille et hors de leur maison des millions de familles de cette middle-class, soutien le plus fanatique du rêve américain.

Dans cette perspective, M. Obama représentait en effet la valeur la plus sûre, et celle, en effet, la plus vendue.
S'il n'était noir, il serait le représentant le plus modélisable de ce rêve américain de promotion sociale de l'immigré parvenu, par ses efforts et ceux de sa famille de la classe moyenne, à réaliser ses ambitions.
Le fait même qu'il soit noir, au-delà du véritable scandale que cela représente pour une nation aussi fondamentalement raciste et qui a cultivé l'apartheid, est précisément cette dimension par laquelle les classes dirigeantes, qui ont soutenu son arrivée au pouvoir, entendent se prémunir contre un retour de bâton de leur politique, mise en place dans toute sa brutalité, toute sa nudité, par l'administration Bush. Le pari est d'autant plus "sécurisé" qu'en effet les dégâts causés par l'arrogance sans vergogne de l'administration précédente ligotent les mains de celle qui va devoir maintenant en gérer les conséquences.
Que ce soit les effets de la prétendue "crise financière", c'est-à-dire, plus réellement, ceux de la mise sur le pavé de millions de familles, ou ceux de la guerre en Irak et en Afghanistan, voilà un travail que ne savaient finir "honorablement" ceux-là mêmes qui ont initié les chantiers après s'être largement servis.

Gageons que M. Obama, qui a su donner des gages aux puissants et maîtres de ce monde que leurs intérêts ne seraient pas menacés dans cette "fin de chantiers" en se dotant de conseillers pour le moins garantie de cela (première nomination, celle du secrétaire général de la Maison Blanche, Rahm Emanuel, fils d'un membre de l’Irgun, groupe terroriste sioniste, "a servi comme parachutiste volontaire dans l’armée israélienne" pendant la première guerre du Golfe), devra trancher dans sa position qui ménage, jusqu'alors, la chèvre et le chou.
Ou bien, selon toute vraisemblance si l'on juge par ce type de gage donné, il continue la guerre, pour garantir les intérêts des pétroliers et autres industries d'armement, ainsi que ceux de l'État hébreu, voire la prolonge par de nouveaux conflits, encore plus incertains quant à leur issue et quant à leur nécessité, ce qui ne manquera pas de renouveler l'utilisation de cette arme de règne, si prisée de nos jours, le mensonge.
Dans la mesure où la guerre est d'abord portée dans leur chair par ceux-là même qui l'ont élu, les Afro-américains, c'est-à-dire, aussi, les pauvres, ceux-ci ne lui feront guère le crédit de sa couleur de peau, argument qui a pu être vendu, mais ne fonctionnera pas à l'usage. Si M. Obama peut tenir ses promesses à leur égard, c'est alors que d'autres intérêts, assoupis le temps des nécessités imposées par les circonstances, se réveilleront, qui entendront lui barrer la route en le rappelant à d'autres engagements, plus secrets, plus "réalistes", de défendre les intérêts de la nation américaine, c'est-à-dire ceux de la classe possédante de cette "nation américaine".

Dans le même temps, se "réveilleront" aussi tous ces laudateurs qui aujourd'hui, en France par exemple, nous vendent le "miracle" Obama sur le seul fait que ... ce type est noir !
Voilà bien le racisme devenu une franche valeur commerciale, quand il était encore cantonné, en France, du moins, dans les tréfonds de la morale.
Cela n'est pas sans avantages. Ainsi est-on surpris d'apprendre, au passage, que les États-unis, ce pays présenté par les mêmes, comme un modèle, imitable en tout, et notamment en matière de démocratie, sont fondamentalement racistes, démocratie où, il y a quelques années encore, un président de la taille d'un Roosevelt, devait se cacher d'inviter des noirs à la Maison-Blanche.
Voici donc le modèle de ces laudateurs du jour qui, ce faisant, espèrent que leurs petites actions remonteront à la Bourse, et que l'élection d'un "nègre" à la Maison-Blanche pour en nettoyer les écuries d'Augias blanchira l'Amérique de ses forfaits commis de par le monde et vis à vis de ses populations non blanches-ET-riches, comme on blanchit l'argent du crime en le réintégrant dans le circuit "normal" par quelque achat llcite.

Comme disait un commentateur s'exprimant à ce propos sur une radio périphérique, Ici et Maintenant : "J'attends, pour ma part, l'élection d'un Peau-Rouge !", ajoutant, en substance, que l'élection d'un indigène de cette terre d'Amérique exonèrerait peut-être ses envahisseurs, blancs et noirs, du génocide de vingt millions d'Indiens.
Une boutade sur cette couleur de la peau que l'on prétend faire servir d'alibi à ceux qui se dotent de collaborateurs, selon le terme ad hoc, symboles brandis par les manipulateurs et bénéficiaires du communautarisme, tels Crif et autres Cran ("Pour le président du Cran, c'est Nicolas Sarkozy qui a le plus œuvré pour la visibilité des Noirs ("c'était une des campagnes les plus modernes").
Alors même que les prestations de M. Colin Powell ou de Mme Condoleezza Rice devraient avoir servi à l'édification des peuples, il semble bien, plutôt, qu'elles aient préparé le terrain à l'arrivée de cette divine surprise ...

Ceux qui prétendent à une "politique", fruit d'une autonomie de jugement, d'une libre détermination de leur "conscience", du moins ce qu'il en reste, se trouvent eux-mêmes, ici, dévoilés comme les simples instruments d'un système. Telle une divinité jouant aux dés, celui-ci les utilise comme les cartes de son jeu, avec les caractéristiques et les valeurs qui leur sont attribuées dans le jeu, quitte à modifier celles-ci, puisqu'il est, désormais, le maître des règles.
Gageons dès lors que défileront, sur les écrans des périscopes domestiques, les  figurants de la nouvelle star'ac du show politique, propulsés par la domination en place. Se verront ainsi utilisées les fougueuses vocations qui, dans les quartiers périphériques de la domination, bouillonnent de s'employer à "collaborer".

Dans "La crise des temps modernes" (Ed. de la passion, Paris 2003), Karel Kosik écrit "le prince-globalisateur (...) organise la réalité, mais ne se montre pas (...). Il dispose d'une nouvelle classe dirigeante qui gouverne à l'chelle planétaire, mais seulement tant qu'elle le sert. La servilité des dirigeants est le trait caractéristique de son dspotisme."
"L'homme qui a construit ce mécanisme de production et de perfectionnement et l'a mis en marche, est pris toujours plus dans ses rouages et devient un simple appendice de ce pseudo-sujet moderne,
(la société industrielle).
"Dans ce processus de perfectionnement, la différence entre le possible et l'impossible est évacuée, (...) tout n'est qu'une question de temps,(... ) celui de la perfectibilité. (...). Le pouvoir de destruction est le fondement du système
(prétendûment indéfiniment perfectible). La rage de tout réduire à néant s'ancre dans ce système même."

Courage ! les émeutes de Watts ne sont pas si loin, qui éclairent de leurs lueurs la nuit qui nous éteint ...
 
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