Du pet du pou

Publié le par Pim

    Iconoclaste est celui qui détruit les idôles, afin que revienne aux humains l'énergie qu'ils détruisent à nourrir ces phantasmes de mort.
Marchands avisés sont ceux qui savent tirer profit de la mise en scène de leur destruction. La publicité récente vantant les effets hallucinogènes de la technologie TNT (l'acronyme n'est pas, ici, un hasard) est édifiante à cet égard, prétendant nous mettre au cœur (!) de la réalité, c'est-à-dire, par les temps qu courent, des cataclysmes qui, partout désormais, accompagnent la chute du capitalisme, pour nous rassurer enfin. La réalité n'était que son cauchemar. Nous pouvons continuer de dormir. Nous ne risquons rien. Nous  sommes spectateurs de notre vie qui défile ... sans nous.
Le geste de Marinus Van Der Lubbe, incendiaire du Reichstag, fut une lueur censée éclairer la nuit qui tombait sur la conscience des Allemands, alors qu'il était encore temps de se battre. Las ! À quelques jours des dévotions et autres votations, son geste servit le spectacle nazi de sidération des consciences. Enfourchant les délires d'ordre de la bourgeoisie, dont ils se faisaient ainsi les chiens de garde, et les terreurs de la classe moyenne, dont ils se firent les représentants, les nazis en prirent prétexte pour s'emparer du pouvoir et décapiter toute opposition en Allemagne.


    L'article CONTREfaçon le mettait en évidence, la marque de fabrique et le "style" marketing qui a fait sa notoriété sont devenus les signes de l'autorité en ces temps.
Les nombreux procès envers des citoyens de droite et de gauche, auxquels se livre ledit représentant de la nation française, témoignent d'abord de la perte d'autorité de celui-ci, devenu citoyen ordinaire (!) semble-t-il, au point d'en être réduit à devoir confier sa défense à quelques petits juges, quand, conséquence, sans doute, de l'américanisation des mœurs, la Justice, du mois son institution, ses codes et apparats, fait office de relations sociales congelées dans la gangue de leur marchandisation.
Les commentaires de Jac (§90 et 95) de l’article "Le président privé de justice ?" (marianne.fr) illustrent le propos :
ce procès, comme les autres (6 déjà depuis son élection !), fait une sacrée pub à Sarkozy.
Opportunisme ?
Décidément, cela me fait penser aux procès intentés par des labels commerciaux pour se défendre de contre-façons :
Procès contre utilisation commerciale abusive soit :
- du nom lui-même (marque, griffe... ; et pour Sarkozy de son nom propre)
- du logo (image médiatique symbolisant ou représentant le nom ; et pour Sarkozy, son image elle-même, son portrait carricaturé ou son effigie comme dans cette affaire de la poupée vaudoue)
- du style qui fait sa notoriété (ex. l'étiquette rouge ou le dessin de poche arrière des jeans de Levis; pour Sarkozy, ses petites phrases ou altercations devenues célèbres comme "casse-toi sale con" ou "kärcher, kärchériser"....)

En déduction, Sarkozy plus qu'un chef d'Etat serait-il un "label commercial" ?
C'est en tout cas ce à quoi cela me fait penser, et ce qui, à mes yeux, malgré tout le tsoin-tsoin que provoque cette "affaire" (si urgente que ça ? ? ? qu'elle devrait être traitée dans les tribunaux en "priorité" comme une affaire d'état (...)

D'ailleurs dans mon post 90, j'ai cité l'exemple de Levis, qui il y a quinze ans battait les reccords en procés pour contre-façon (aujourd'hui je ne sais pas) et qui s'enrichissait bien plus avec les dommages et intérêts de ses procès qu'avec ses productions de jeans. Ce n'est pas par hasard que j'ai pris cet exemple : Sarkozy à défaut de ligne politique claire (autre qu'opportuniste) compte-il faire son "succès" par ses procès pour "malversations commerciales", et à défaut de "gloire", compte-il s'enrichir par les "dommages et intérêts" ?"


 Les prolongeant, le commentaire de Georges GLISE (§98) en précise la partie juridique :
"1/ Sarko attaque au civil et en référé. Cela signifie qu'il y a urgence, et que l'atteinte peuit avoir des conséquences très graves.
Or la poupée est en vente depuis 4 mois : où est l'urgence ???
2/ Il pouvait engager une procédure civile normale, sans référé. Cela signifie simplement que comme la famille de Monaco, il veut soutirer du fric (dommages et intérêts) à la société qui commercialise la poupée.
3/ Sérieusement, s'il estime que cet objet est dégradant par rapport à sa fonction, alors il faut qu'il porte plainte au pénal, pour offense au chef de l'Etat. C'est prévu.
Pourquoi ne choisit-il pas cette option ? Parce que dans ce cas, il obtiendra peut-être l'interdiction de la poupée (mais ce n'est pas évident parce que Ségolène, que Bilger a plaisir à égratigner pour complaire à son Président) . Mais il n'obtiendra pas de dommages et intérêts.
Conclusion : Sarko a cherché la solution judiciaire qui lui permet de gagner le plus de fric possible ..."


    La motivation très prosaïque de ce procès en sorcellerie manifeste là, toujours plus visiblement, le réalisme affiché des élus. Élus de quoi, sinon de la forme dominante qui organise les rapports sociaux, contient les peuples et leurs illusions de souveraineté, la marchandise, dont ils ne peuvent s'avérer les plus honnêtes V.R.P., qu'en étant marchandise eux-mêmes,  produits du marketing qui se fait fort de comparer deux lessives (le candidat Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, n'avait-il pas promis, argument de son show "je lave plus blanc", de nettoyer la racaille des banlieues au kärcher ?). Leurs seuls intérêts personnels ne peuvent être que la seule réelle compensation de cette mise à l'encan, substitués, depuis quelques décennies déjà,  à toute autre considération.
La nation dont ils ont été élus représentants, n'étant plus, elle-même qu'un fantôme de l'Opéra marchand, elle n'est que le cadet de leur souci, si ce n'est qu'elle continue d'être le prétexte même de leur existence tant qu'une instance supérieure n'aura pas été officiellement sommée de la remplacer pour services insuffisamment rentables. Ce pourrait être la fonction dernière de cette "crise" récemment convoquée sur l'autel des politiques nationales pour en signifier les limites.
Voilà la monnaie de la pièce que ces rentiers apeurés ont concédée, en un blanc-seing, à un homme pourtant si peu représentatif et respectueux des traditions de ce pays, abandonnant toute prudence au poulain de leur modèle en tout, les USA, manifestation sur terre de la divinité moderne, qui ont su, avec toute la brutalité qui caractérise les exigences du  Veau d'or, donner le La en matière de gestion privative des affaires publiques ?

    Au-delà de la flagornerie avérée de certains, et à titre parfaitement illustratif de ce qu'est devenue la fonction politique, dans la trace des États-unis, ici encore, qui l'ont promptement réduite à un divertissement sans autre objet que mercantile, ce qui doit être relevé, dans cette “affaire”, est l'ABSENCE, tout aussi avérée, de FIABILITÉ de l'élu d'une nation détenant l'arme atomique et continuant, dit-on, d'avoir voix au chapitre dans les décisions planètaires.
53 ans, président élu de la République française, M. Sarkozy semble chercher encore son style, procédant par “essais-erreurs”.
S'inspirant hier de M. Bush (Double you, ton alter ego, ton kif)  innovant même, caricaturant ce qu'il modélise comme le mode d'être populaire de ses con citoyens, inaugurant l'insulte en même temps que les salons, le voici, à présent, qui serait à singer la “majesté”, s'avisant soudainement, peut-être, de ses hautes responsabilités !... (Hum ! ...)

    L’élection étatsunienne aura permis de considérer le résultat pour le moins incertain du style “cow-boy moyen”, quand l’upper class étatsunienne en vient elle-même à souhaiter davantage de “dignité” du représentant du rêve américain pour faire valoir ses intérêts dans le monde et vis à vis de ses pauvres, conscients, peut-être, d’avoir été bernés, au point que la ficelle de la proximité ne fonctionne plus et qu’il s’agit désormais de montrer la “distance” nécessaire à s'en protéger afin de n'avoir pas à faire trop rapidement usage de la police anti-émeutes.

    Cerise sur le gâteau de ce petit jeu maléfique, celle mise en évidence par  "ces chefs d'entreprise japonais qui armaient de gourdins leurs ouvriers : en passant à tabac l'effigie du patron, ceux-ci s'assurent, à moindre prix, un bien-être bilologique compatible avec les meilleurs rendements".
Nos soi-disants "réactions" contre le chef d’une nation, réduite à une entreprise, sont en effet un exutoire profitable à plus d'un titre, pour les groupes de presse qui s'en font l'écho, autant que pour les politiques, dont la figure haineuse de notre Big Brother joue en effet le rôle tout à fait ad hoc, arme de fin de règne quand il s'agit de maintenir envers et contre tout le gouvernail d'un capitalisme devenant si visiblement ce qu'il est essentiellement, une voyoucratie.


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Publié dans Au pays de l'esbrouffe

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